Coureurs des bois

En rappel

Diffusion :
lundi 19 h 30
Rediffusion :
samedi 14 h 30
Durée :
30 minutes

Du 29 mars au 4 septembre 2010


Asclépiade

Asclepias syriacus

Émission du 30 avril 2009

Les agriculteurs la détestent, les animaux de la ferme n’en mangent pas et les enfants se font la guerre avec les gousses. Cette plante que l’on appelle « petit cochon », «petite vache » ou encore « herbe à coton » est connue de tous. Elle fait au printemps une ombelle de fleurs roses, puis les gousses apparaissent et sèchent éventuellement pour laisser s’échapper les graines portées par des fils soyeux. Elle pousse en grandes quantités aux abords des routes de campagne et dans les champs. C’est l’asclépiade! Mauvaise herbe par excellence, elle est peu appréciée, sauf par les gourmands qui trouvent mille et une façons de l’apprêter.

Asclépiade

Habitat

L’asclépiade est une plante agressive très envahissante. On la retrouve partout au Québec, même dans les régions plus urbaines. C’est une plante de lumière qui affectionne les bords de routes, les terrains vagues et les champs en friche où elle peut se propager rapidement. Peu exigeante, l’asclépiade tolère la sécheresse et s’adapte bien aux sols sablonneux ou rocailleux.

Identification

L’asclépiade est une plante vivace qui peut atteindre jusqu’à 1,5 mètres. Ses feuilles opposées, sont plutôt longues et la tige, très droite.

Toutes les parties de la plante sécrètent une sève blanche très collante et légèrement toxique, semblable à celle du pissenlit.

Les fleurs roses et très odorantes, forment des ombelles qui donnent éventuellement des gousses fuselées (follicules), de 5 à 10 centimètres. À la fin de l’hiver, ces dernières sèchent et s’ouvrent pour laisser échapper plus de 150 graines accrochées à des fils soyeux.

Alors qu’elles sont encore petites, les gousses sont délicieuses et peuvent rappeler le goût des haricots ou du brocoli.

Période de cueillette

Les gousses d’asclépiade peuvent être cueillies du début août à la mi-août. Cependant, la maturité des gousses varie beaucoup d’une région à l’autre, et selon que les plantes sont en plein soleil ou dans une région plus ombragée. La fenêtre de cueillette étant relativement courte, il faut être vigilent et surveiller les talles, car des températures élevées peuvent faire mûrir les gousses très rapidement.

Technique de cueillette

La sève blanche et légèrement toxique que sécrète l’asclépiade finit par irriter la peau. Il est conseillé de porter des gants souples si vous prévoyez cueillir de grandes quantités ou si vous souhaitez simplement éviter d’avoir les mains collantes.

Les petites gousses sont les meilleures. La chaire est alors tendre et l’extérieur est bien ferme. Cueillez de jeunes exemplaires de 2 à 4 cm pour servir en légume d’accompagnement, et des gousses jusqu’à 6 centimètres si vous souhaitez les farcir.

Dès que les gousses sont cueillies, déposez-les dans un seau avec un peu d’eau pour que la sève se dilue. Pour faciliter votre travail vous pouvez accrocher le seau à votre taille à l’aide d’une ceinture pour vous libérer les mains et éviter de toujours déplacer votre récipient.

Mise en garde

Mieux vaut ne pas consommer la sève de l’asclépiade et bien nettoyer les gousses avant de les apprêter. Par ailleurs, bien qu’elle soit légèrement toxique, la sève n’est pas mortelle. L’ingérer risque tout au plus d’occasionner des maux de ventre ou de la diarrhée.

Histoire de la plante

Il n’y a aucune mention dans la littérature sur l’utilisation de l’asclépiade à des fins alimentaires par les Amérindiens. Ils consommaient par ailleurs les racines en tisane laxative. Les colons se servaient de la plante pour traiter l’asthme et les rhumatismes et appliquaient la sève sur les verrues pour les faire disparaître.

Durant la première guerre mondiale, les soldats ont su tirer profit de l’asclépiade en utilisant les aigrettes duveteuses contenues dans la gousse pour bourrer les vestes de sauvetage.

Bien que la majorité des animaux soient rebutés par la sève âcre et toxique de l’asclépiade, le papillon monarque l’apprécie particulièrement. Après avoir consommé du latex, la chenille du monarque devient elle-même toxique et se protège ainsi de ses prédateurs.

Parties comestibles

Il n’y a pas que les gousses de l’asclépiade qui soient comestibles. Les jeunes pousses au mois de juin ressemblent à des asperges. Au début du siècle, il s’en vendait d’impressionnantes quantités dans les marchés publics de Montréal. En juillet, les épis floraux fermés rappellent le brocoli. Trois légumes verts dont le goût se ressemble, mais d’apparence et de texture variées, qui s’apprêtent de différentes façons.