Coureurs des bois


Amélanchier

Amelanchier sp.

Émission du 14 mai 2009

Nul fruit, à l’exception du bleuet, n’a été plus consommé par les autochtones d’Amérique, par les habitants du Canada et par ceux du Québec. La baie d’amélanchier qu’on appelle aussi la petite poire, a occupé une place de choix dans le cœur des Québécois jusqu’aux années ’60 où on l’a presque oublié. Mais il effectue un retour ! En effet depuis quelques années, la cueillette sauvage des baies d’amélanchier gagne en popularité, et l’arbre est désormais cultivé dans plusieurs régions du Québec, tant pour ses fruits que comme arbre ornemental.

Amélanchier

Habitat

On retrouve l’amélanchier d’un océan à l’autre et aussi loin au nord que le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. Au Québec, il y en a dans presque toutes les régions, même en Abitibi et sur la Côte- Nord. Les différentes espèces d’amélanchiers poussent dans des endroits très variés, sur les pentes humides, aux bords des lacs, à l’orée du bois, près des ruisseaux et même dans certains sous-bois. Presque sans exception, les diverses espèces poussent au soleil.

Identification

Au printemps, la floraison hâtive de l’amélanchier constitue une bonne façon de repérer les arbres pour aller plus tard, cueillir ses fruits. En effet, les fleurs blanches aux pétales fins et allongés de l’amélanchier sont les premières à apparaître, avant tous les autres arbres.

On dénombre une vingtaine d’espèces d’amélanchiers au Canada, et au moins 7 ou 8 au Québec. Ces dernières sont si nombreuses et si semblables que seuls les grands spécialistes peuvent les différencier. Quelques espèces peuvent devenir de petits arbres, atteignant 10 mètres de hauteur, mais la plupart des espèces sont arbustives. Les fruits, juteux et sucrés, de couleur rougeâtre à violacée, ont à peu près la forme et la taille des bleuets.

Période de cueillette

On commence à trouver des fruits mûrs vers la fin de juin et ils auront disparu à la fin de juillet.

Technique de cueillette

La cueillette des baies d’amélanchier se fait sans technique particulière. Avec une petite chaudière attachée autour de la taille afin de libérer les deux mains, on cueille les fruits un à un. Il faut prendre soin de choisir des arbustes de 2 à 4 mètres de haut, car les fruits sont très difficiles à atteindre sur les plus grands arbres.

Le truc du cueilleur

Un sceau ou une chaudière attachée autour de la taille grâce à une ceinture facilite énormément la cueillette. À deux mains, les fruits se cueillent plus rapidement, vous êtes en mesure de joindre des branches plus hautes et ce, sans avoir à toujours vous pencher pour atteindre votre récipient.

Histoire de la plante

L’amélanchier avait une très grande valeur pour les tribus d’Amérindiens des plaines de l’Ouest qui faisaient sécher les fruits au soleil pour les conserver. Ce produit était un ingrédient important du pemmican, un aliment composé de viande, de gras et de fruits séchés. Léger et très nourrissant, le pemmican permettait à ces peuples de se déplacer sur de grandes distances à la recherche des vastes troupeaux de bisons qui constituaient la base de leur alimentation. Le terme amérindien de la Baie a d’ailleurs été donné à la ville de Saskatoon, Saskatchewan.

Bien qu’on retrouve une variété d’amélanchier en Europe (Amelanchier ovalis), c’est en Amérique du Nord que le plus grand nombre d’espèces a été recensé. L’amélanchier est très abondant dans plusieurs provinces, dont le Québec, mais dans les Prairies, le fruit a l’importance du bleuet chez nous! Au Manitoba ou en Saskatchewan, les dimanches de juillet sont pour plusieurs familles consacrés à la cueillette des « petites poires » qui servent à faire des tartes et des confitures. En plus d’être délicieuses, les baies d’amélanchier sont riches en antioxydants et remplies de vitamines et minéraux.