Émission du 21 mai 2009
Par définition, la tisane est faite pour être bue, mais en cuisine, toute plante aromatique infusée peut servir à rehausser le goût d'un plat. À partir du moment où on extrait la saveur d’une plante, il est possible d’imaginer toutes sortes de façons de s’en servir : pour y cuire un riz ou des pâtes; pour en faire des sauces; pour déglacer; en marinade; en sauce; en dessert; etc.
Il existe un très grand nombre de plantes utilisables en tisane. Dans la plupart des cas, on utilise indistinctement les feuilles et les fleurs, mais les fruits et certaines racines font aussi d'excellentes boissons chaudes. Les plantes choisies pour l’émission sont l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) et le cèdre dont le vrai nom est thuya (Thuja occidentalis).
Habitat
L’achillée millefeuille pousse partout au Québec, dans les champs, les parterres, les pelouses, alors que le cèdre, bien qu’on le retrouve lui aussi partout dans la province, a un habitat plus spécifique. Il pousse dans les régions mal drainées et près des cours d’eau, mais s’acclimate aux régions urbaines quand il est bien arrosé.
Identification
L’achillée millefeuille est caractérisée par de longues feuilles vert foncé dentelées et fines. Il faut être attentif pour arriver à l’identifier, car elle se cache parmi les autres herbes.
Le cèdre (thuya), sauvage ou domestique, présente un feuillage constitué de rameaux aplatis recouverts de feuilles en forme d'écaille.
Période de cueillette
L’achillée millefeuille se cueille du printemps à la fin de l’été et le cèdre (thuya) à tout moment de l’année.
Technique de cueillette
La cueillette des tisanes est toujours très facile. L’achillée millefeuille se prélève à la main et il suffit d’une paire de ciseaux pour cueillir en quelques minutes suffisamment de cèdre (thuya). Il faut par ailleurs choisir les 7 à 10 derniers centimètres de la branche qui correspondent aux pousses les plus récentes.
Mise en garde
L'identification des plantes est d'une importance capitale lorsqu’on les cueille pour les consommer. Nos forêts contiennent plusieurs plantes toxiques. Il est aussi recommandé de préparer toutes les tisanes sauvages en infusion et de retirer les feuilles de l’eau bouillante au bout de 5 à 15 minutes car une infusion prolongée donne souvent un goût amer à la tisane. Les décoctions qui consistent à faire bouillir la plante sont à proscrire car elles libèrent plus facilement les principes amers, les tannins et quelquefois même des toxines. C’est d’ailleurs le cas pour le cèdre qui ne doit jamais être bouilli, uniquement infusé.
Par ailleurs, on ne sait jamais comment on va réagir lorsqu’on ingère un nouvel aliment. Même en identifiant bien les plantes, il ne faut jamais en consommer trop les premières fois. C’est le cas de l’achillée millefeuilles, dont les nombreux composés actifs peuvent être nocifs s’ils sont assimilés par l’organisme en trop grande quantité.
On ne doit pas consommer régulièrement ou en grandes quantités des tisanes d'achillée millefeuille car la plante contient plusieurs composés actifs qui peuvent être néfastes pour l'organisme si consommés en trop grande quantité.
Histoire de la plante
Plusieurs plantes utilisées pour faire des tisanes ont des vertus médicinales. La pharmacopée amérindienne contenait beaucoup de plantes que l’on infusaient pour guérir divers maux : l’écorce de bouleau pour atténuer les maux de tête; l’houstonie pour les enfants qui mouillaient leur lit; la camomille contre l’insomnie; le millepertuis pour combattre la dépression. Un grand nombre de ces plantes sont encore utilisées de nos jours et se retrouvent dans les magasins d’aliments naturels.
L’achillée millefeuille :
Les Amérindiens consommmaient de la tisane de feuilles et de fleurs d’achillée millefeuille pour contrer les effets néfastes des rhumes, des fièvres et des grippes. En effet, la plante contient plus de 100 composés biologiques actifs : elle agit comme expectorant, comme analgésique et sudorifique d'où sa capacité à atténuer les symptômes des affectations ci-haut mentionnées. De plus, la plante fraîche utilisée en cataplasme est aussi antiseptique.
Le cèdre :
Les Amérindiens utilisaient le cèdre durant leurs cérémonies de purification dans les huttes de sudation. Le cèdre est un expectorant qui permet de lutter contre la congestion, un antiseptique et un anti-inflammatoire. À quantité égale, le cèdre contient plus de vitamine C que l’orange. D’ailleurs, les hommes de Jacques Cartier atteints de scorbut, un manque de vitamine C, ont été littéralement sauvés par les Amérindiens qui leur ont fait de la tisane de cèdre.